Dans la famille Emotion, j'appelle à la barre Madame Projection et Madame Irresponsabilité

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Dans la famille Emotion, j'appelle à la barre Madame Projection et Madame Irresponsabilité
Crédits image : kues1
Le procès de la communication quotidienne : coupables par réflexe (spoiler : tout le monde prend cher)

Bienvenue dans le tribunal de la communication ordinaire.
Ici, ce qui compte, ce n’est pas ce que vous faites, mais ce que l’autre ressent. Et si possible, que ce ressenti devienne votre faute.

C’est plus rapide, plus simple, et surtout, ça évite de se poser trop de questions inconfortables. Un regard de travers, une porte qui claque, une blague mal calibrée… Peu importe l’intention, seul le ressenti fait foi.

Installez-vous confortablement : aujourd’hui, c’est jour de jugement.
Et rassurez-vous, dès l'âge de 2 ans, personne n’est épargné !

Trois scènes du quotidien, trois condamnations express

✅ Erwan, criminel de deux ans
Erwan monte les escaliers. Il découvre, il explore, bref, il vit sa vie. Christelle, sa mère, prise d’angoisse, lui dit : « Tu m’as fait peur ! ».

Comme si ce petit bout de 80 centimètres avait prémédité de coller à sa mère une attaque de panique.
Précoce le gosse !

👉 Ce qu’Erwan a fait : monter les escaliers.
👉 Ce que Christelle ressent : de la peur.

Deux réalités bien distinctes, mais instantanément fusionnées dans une jolie confusion.

A appliquer dans le feu de l’action, c’est une autre histoire…

✅ Gérard coupable d’être entré dans sa propre maison
Gérard rentre du garage et entre dans la cuisine. Monique, sa femme, concentrée sur une recette, sursaute : « Ah! Tu m’as fait peur ! ». Lui, pragmatique : « J'ai ouvert la porte. »

👉 Ce que Gérard a fait : ouvrir la porte.
👉 Ce que Monique ressent : de la peur.

Là encore, l’action banale devient, par raccourci verbal, une agression sensorielle.

Je parie que la prochaine porte qui claque vous fera oublier tout ça.

✅ La blague du commercial
Franck, commercial sur un salon événementiel, plaisante avec un client. Donald, son patron l'interpelle entre deux clients : « Tu m’as fait honte ! »

👉 Ce que Franck a fait : une blague.
👉 Ce que Donald ressent : de la honte.

Encore une fois, le patron projette son propre inconfort sur l’action de son salarié. Il plaque sur lui une intention qui n’a jamais existé ailleurs que dans sa tête.

Toujours un coupable, surtout pas soi-même

Derrière ce réflexe se cache une vieille habitude bien humaine :

Si j’ai peur, c’est à cause de toi.
Si j’ai honte, c’est à cause de toi.
Je vous laisse continuer la liste...

C’est tellement plus confortable que de se demander pourquoi une porte qui s’ouvre ou une blague anodine nous retourne le ventre, sans aucune responsabilité.

Le piège : quand le ressenti devient la star du dialogue

Le vrai danger, c’est quand on ne communique plus que sur les émotions ressenties. Ce qu’on a fait n’a plus d’importance. Ce qu’on voulait faire non plus. Tout tourne autour de « ce que j’ai ressenti », sans le dire, et de « qui doit en répondre ».

On ne parle plus de la situation, on tourne en boucle sur les ressentis, qui appellent d’autres ressentis, et ainsi de suite.

La parade magique : « Je »

On passe d’une accusation à une confession. C’est plus vulnérable, mais tellement plus vrai.

Plutôt que de dire « Tu m’as peur », « Tu m’as fait honte », dites « J'ai eu peur », « J’ai eu honte. »

Vous assumez votre émotion sans chercher à la coller sur le dos de l’autre.
C’est plus honnête, plus responsable, plus adulte… et oui, beaucoup plus dur à faire sur le moment.

Et il n'est jamais trop tard pour se reprendre si on réalise, après coup, qu'on a loupé le coche.

Réflexions

✅ Empathie et compréhension
Comprendre que les autres peuvent avoir des réactions émotionnelles différentes des nôtres est crucial. Cela nécessite de l'empathie et de la compréhension pour éviter de juger trop rapidement les actions des autres.

✅ Communication Constructive
Une communication constructive implique de parler des faits et des intentions, plutôt que de se concentrer uniquement sur les émotions ressenties. Cela peut aider à résoudre les conflits de manière plus efficace et à éviter les malentendus.

✅ Éducation et Pratique
Apprendre à distinguer les actions des ressentis et à exprimer ses émotions de manière responsable peut nécessiter de la pratique. C'est un processus continu qui demande de la conscience de soi et de la volonté de s'améliorer.

En assumant la responsabilité de nos émotions et en communiquant de manière plus honnête et constructive, nous pouvons éviter de transformer nos conversations en procès et favoriser des relations plus saines et compréhensives.

Consultant en verbalisation : dépollueur de conversations

Je n’ai pas de baguette magique, juste quelques clés pour éviter que vos conversations ne virent au tribunal familial ou professionnel.

En tant que consultant en verbalisation, j’aide celles et ceux qui en ont marre des dialogues pollués par des projections et des procès d’intention à :

▪️ Distinguer ce qui est fait de ce qui est ressenti.
▪️ Exprimer leurs émotions sans chercher un coupable.
▪️ Remettre la communication sur les rails des faits.

Je sais bien que tout ça paraît évident en me lisant. Mais à la prochaine dispute, à la prochaine porte qui claque… on verra si vous y pensez encore. 😉
Ça vous parle ?

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