Quand la peur légitime d’une mère freine la maturité et la responsabilité de son fils

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Quand la peur légitime d’une mère freine la maturité et la responsabilité de son fils
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Stéphane a 24 ans. Il ne vit plus chez sa mère, Nathalie, depuis quelques mois. Il a son appartement, son travail, ses week-ends entre amis. Il passe pourtant régulièrement chez elle, surtout le dimanche, pour récupérer les petits plats qu’elle lui prépare pour sa semaine. Un rituel tendre qui entretient le lien — mais qui, sans qu’ils s’en rendent compte, maintient aussi un certain équilibre familial… où chacun reste à sa place.

Ce dimanche-là, Stéphane arrive avec une odeur d’alcool qui flotte encore autour de lui. Il raconte, un peu gêné mais en riant, qu’il a un peu trop bu la veille, qu’il est tombé, et qu’il a fini aux urgences. Rien de grave, assure-t-il. Il va bien. Nathalie écoute, inquiète, mais elle se retient. Elle ne veut pas faire de remarques. Elle se promet de ne pas lui faire la morale.

Pourtant, c’est exactement ce qui se passe.

Comment je le sais ?
C’est dans sa manière de me rejouer la scène, presque plan par plan. En me glissant à la place de Stéphane, je ressens cette moralité diffuse. Celle qui ne s’énonce pas, mais qui transpire dans les intonations, dans chaque silence, chaque soupir retenu.

La morale qui ne dit pas son nom

Stéphane la connaît, cette peur. Il l’a toujours connue. Il sait lire sa mère sans qu’elle ait besoin de parler. Alors, il botte en touche. Il minimise, il change de sujet, il plaisante. Il adopte cette posture d’ado attardé, celui qui rassure maman pour éviter la scène, pour éviter le face-à-face.

Et c’est là que se joue quelque chose de plus profond.
Ce n’est pas tant l’alcool, ni la chute qui posent problème.

C’est le fait que Stéphane, à 24 ans, n’assume pas pleinement ce qu’il fait.
Et pourquoi le ferait-il, s’il sent qu’en face, sa mère encaisse à sa place ?

Quand la peur empêche la responsabilisation

Nathalie a peur pour son fils.
Cette peur est normale, instinctive, et elle ne disparaît pas parce qu’il a pris son propre appartement.

Mais à force de la lui renvoyer — même sans un mot — elle l’empêche de prendre pleinement la mesure de ce qu’il vit. Elle lui renvoie encore et toujours l’image d’un enfant qu’on protège.

Et face à une mère inquiète, il est toujours plus facile de minimiser, de faire semblant, plutôt que de dire :
« J’ai déconné, je me suis mis en danger, c’était idiot. »

Stéphane, inconsciemment, reste enfermé dans ce rôle de petit garçon qui ne veut pas inquiéter maman. Ce qui l’empêche de devenir un adulte capable de se responsabiliser pleinement.

Nathalie est pourtant une femme intelligente, une adulte responsable, intègre et généreuse.

Mais comme beaucoup de parents, il lui arrive que ses émotions prennent le dessus. Sa peur l’emporte sur sa confiance, et ce sont ses craintes qui parlent, plus que sa raison.

Or, les mêmes causes produisent les mêmes effets. Tant que Nathalie aborde ces situations avec la peur en première ligne, elles se répètent et se répéteront.

Puisqu’elle ne peut plus être derrière son fils pour le surveiller ou le corriger, il lui appartient maintenant de poser un regard nouveau sur lui. Un regard qui s’adresse à l’adulte qu’il est, plus qu’à l’enfant qu’il a été.

Parler à l’adulte, pas au petit garçon

Si Nathalie veut vraiment aider son fils à grandir, elle doit apprendre à lui parler comme à un adulte, et non comme à un enfant qu’on surveille. Elle doit accepter d’entendre la vérité — même quand elle fait peur — sans chercher à la lisser ou à la contourner.

Plutôt que de le noyer sous les questions inquiètes ou de préparer mentalement un discours de prévention, elle pourrait simplement lui poser une vraie question, directe, qui l’invite à se positionner face à lui-même :

« T’en as pas marre de t’abîmer la peau et la tête pour quelques verres de trop ? »

Ce n’est pas une attaque. Ce n’est pas une morale.
C’est une question d’adulte à adulte.
Une question qui le responsabilise au lieu de le protéger.

Grandir ensemble

Stéphane a 24 ans.
Il a quitté le nid, mais il ne peut pas devenir pleinement adulte si sa mère le ramène sans cesse, même inconsciemment, dans un rôle d’enfant.

De son côté, Nathalie doit aussi grandir dans son rôle de mère.
Accepter qu’elle ne protège plus, mais qu’elle accompagne. Qu’elle n’a plus le pouvoir de prévenir ses erreurs, mais qu’elle peut l’aider à les regarder en face — sans jugement, sans panique, sans infantilisation.

La parentalité, un équilibre qui évolue

Ce que vit Nathalie, beaucoup de parents le traversent sans forcément le voir.

Quand un enfant grandit, le parent doit, lui aussi, se réajuster.
Ce n’est pas parce qu’un fils ou une fille quitte la maison que la relation devient automatiquement adulte. Ce glissement, cette transformation du lien, demande un vrai travail. Il faut apprendre à faire confiance, à entendre ce qui dérange, à ne plus chercher à protéger à tout prix.

Être parent d’un adulte, c’est renoncer à la surveillance pour entrer dans la confiance.

C’est cesser d’émettre des signaux de peur pour laisser la place à la responsabilité.

C’est accepter qu’un enfant devenu grand fasse des erreurs — et en tire ses propres leçons, sans écran protecteur.

Grandir ensemble, c’est ça.
Et parfois, ça commence par un simple changement de regard.

Changer de regard

Combien de parents, sans s’en rendre compte, enferment leurs enfants adultes dans ces rôles familiers, rassurants mais étouffants ?

Combien d’histoires comme celle de Nathalie et Stéphane se rejouent chaque dimanche, autour d’un plat cuisiné avec amour ?

Changer le regard, c’est parfois tout ce qu’il faut pour que chacun retrouve sa juste place.

Parent et enfant, ensemble, adultes enfin.
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