Se projeter dans le meilleur, c’est facile. D’ailleurs, le jour du mariage, tout est fait pour que ce soit le meilleur jour de votre vie (jusqu’à la prochaine fête qui coûtera un bras).
Mais, en tant qu'ancien DJ et photographe, j’ai participé à bien des mariages… et croyez-moi, certains ne semblaient pas franchement être le meilleur jour pour tout le monde. (J’aurai des anecdotes,
mais je vais rester élégant...
mais ça me titille)
Bref, le jour J (ou le jour M, comme Mariage), tout est orchestré pour vivre les plus belles émotions collégiales : amour, espoir, champagne et danse des canards. Tout le monde est sur son 31, les vœux sont beaux, sincères, et surtout portés par l’enthousiasme du moment.
Et après ?
Parce que le meilleur, au début, c’est toujours plus simple.
Tout est nouveau, beau, sympa, excitant.
Puis la routine s'installe, la vie frappe à la porte, et le pire commence à pointer son nez.
Tiens, et si on demandait à l’Abbé Chamel, fin gourmet de la tradition bien nappée, ce qu’il entend par « le pire » ?
– Mon père, « pour le meilleur et pour le pire », c'est bien ça ?
– Oui, tout à fait, un engagement sacré.
– D'accord. Et donc, si mon mari est un père qui élève nos enfants comme un lieutenant… c'est dans la catégorie « pire » ?
– Eh bien, cela fait partie des épreuves du mariage…
– Et si ma femme surprotège nos enfants et que je ne peux jamais intervenir sans déclencher une crise ?
– Il faut savoir dialoguer et faire preuve de patience…
– Ok. Et si mon conjoint devient violent ?
– Et si elle devient alcoolique ?
– A... mais... euhhhhh... là... c’est... comment dire?... compliqué...
Ah oui ?
Parce que dans les faits, combien de femmes ont entendu « Tu as promis » quand elles osaient évoquer leur enfer quotidien ?
Combien ont souffert en silence, bercées par cette phrase floue qui ne met jamais de limites claires ?
Avant le mariage
Alors, au lieu de rester dans une abstraction bien crémeuse de notre cher Abbé, une question pertinente à se poser entre futurs mariés serait :
- Si ton mari perd son emploi et, malgré tous ses efforts, reste au chômage pendant un an, deux ans… que fais-tu ?
- Si ta femme devient invalide après quatre ans de mariage, que fais-tu ?
- Si l’un de vous tombe dans une dépression sévère et que l’autre doit tout porter, comment gérez-vous ?
- Si ton mari est militaire et passe la moitié de l’année loin de la maison… que fais-tu ?
- Si ta femme surprotège vos enfants, qu'elle rabaisse ton autorité et que vous n’êtes jamais d’accord sur leur éducation… que fais-tu ?
- Si vous réalisez après 10 ans que vous n’avez plus rien à vous dire, mais que vous avez des enfants… que faites-vous ?
Le pire, ce n’est pas forcément ce que l’on imagine au départ
Ce n’est pas toujours une trahison ou une dispute.
Parfois, c’est l’érosion, le poids du quotidien, la confrontation aux failles de l’autre.
C’est aussi la parentalité, cette grande inconnue qui transforme un couple de deux en une équipe de trois, quatre ou cinq.
Alors, avant de dire oui un peu trop vite, peut-être faudrait-il se poser les vraies questions.
Parce que le mariage n’est pas seulement une belle journée, c’est aussi ce qui vient après. Et ça, ce n’est pas une question de robe ou de traiteur, c’est une question de choix.
Et le coût...
Un mariage, ça coûte : salle, traiteur, robe, costume, alliances, animation photographe...
Les souffrances aussi : violence, peur, culpabilité...
Le divorce aussi : avocat
Si on ramène le coût global au coût par tête, c'est le coût individuel du pire qui est le plus onéreux.
Vous allez vous marier et je vous casse l'ambiance ?
Vaut mieux casser l'ambiance que de se faire casser au point de devoir se casser...
Merci, l'Abbé Chamel, pour votre sauce bien épaisse, mais ici, on préfère un menu plus équilibré.
Si j'ai bien compris, vous ne célébrez pas les divorces, comme le maire, c'est bien ça, hein ?
Tu m'étonnes...
Allez, Amen !